Mal-bouffe, mal-être marocain

Mal-bouffe: le comportement du consommateur marocain change considérablement pendant le ramadan, mais une enquête du ministère de la santé et de l’OMS a révélé un comportement inquiétant et un régime alimentaire déséquilibré toute l’année. Ce régime peut devenir encore plus malsain pendant le mois sacré. 

Mal-bouffe pendant le ramadan? Ce mois très spécial devient pour beaucoup une période d’obsession avec la nourriture. Il est facile de constater la frénésie d’achat, les supermarchés bondés et les personnes poussant leur chariots surchargés de produits alimentaires. Si les jeûneurs marocains tiennent à s’assurer un Ftour autour d’une table bien garnie tous les soirs, le gaspillage alimentaire atteint son pic pendant le mois sacré.

20% des marocains sont obèses, 53% sont en surpoids

Pendant cette période de partage, mais aussi de surconsommation et de gaspillage, une enquête épidémiologique de prévalence des facteurs de risque des maladies non transmissibles du ministère de la santé, en collaboration avec l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), a révélé un taux d’obésité de 20% en 2017, alors qu’il était de 13,2% en 2000: une augmentation alarmante d’environ 7 points. Si seulement 20% des Marocains sont obèses, la moitié de la population n’est pas au top de sa forme non plus: 53% sont en surpoids. Les femmes (29%) sont beaucoup plus touchées que les hommes (11%).

Un seul fruit par jour, trop de sel et pas assez de poisson

Quels sont les facteurs qui ont favorisé cette prevalence d’obésité et de surpoids au Maroc?

Selon l’enquête, les causes sont la “mal-bouffe”, la sédentarité et le manque d’exercice. L’étude, qui s’est aussi penchée sur les habitudes alimentaires, a révélé que si les marocains mangent plus de legumes que de fruits, 76% d’entre eux consomment moins de 5 portions de fruits et de legumes par jour: en moyenne, ils mangent 1 fruits par jour et 2,5 portions de legumes. Les autres mauvaises habitudes constatées? Trop de sel dans les assiettes et pas assez de poisson dans le régime des marocains.

Qu’en est-il des activités physiques? Pour 84%, elles n’existent pas, car ils ne pratiquent aucun sport pendant leur temps libre.

Experts et médias se mobilisent pour notre bien-être

Pour rappel, l’obésité peut engender des maladies cardiovasculaire, de l’hypertension artérielle et du diabète de type 2, pour ne citer que quelques maladies. Les maladies cardiaques seraient la première cause de mortalité au Maroc, selon l’OMS.

En cette période aussi sacrée que frénétique, les medias nationaux font appels à des experts, coachs et médecins, pour recommender et rappeler les bienfaits du sport, pour aider les jeûneur à concilier Ramadan et diabète, à éviter les brûlures d’estomac, etc… Comme chaque année, les experts partagent avec les marocains toutes sortes d’astuces pour leur bien-être, bien-être qui se porte mal pour beaucoup.