La rentrée rimera-t-elle avec reconfinement ?

Rédigé par : Loubna El Alaoui et Asmaa Izouaouen

Alors que le confinement vient d’être levé, certains pensent déjà que le Maroc risque d’être re-confiné prochainement, dans le cas où le taux de contamination continue d’augmenter.

Est ce que les étudiants sont psychologiquement prêts pour un autre confinement?

Les étudiants ont terriblement souffert pendant la crise du COVID-19, certains d’entre eux ont très mal vécu cette période et ont même développé des troubles différents durant ou après le confinement. Seraient t-ils prêts à revivre la même expérience de nouveau?

Découvrez ci-dessous les témoignages de certaines personnes concernant le re-confinement, ainsi que notre interview sur les effets psychologiques de ce dernier sur la santé mentale des étudiants avec Madame Nabila Benohoud, Coach certifiée en PNL, en efficacité professionnelle et communicationnelle, praticienne CNV, Professeur de communication et de développement personnel à la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales- Agdal, Rabat  , Conférencière et Chroniqueuse Radio, Web, Télé.

Seriez-vous prêts à vous re-confiner?

“En toute honnêteté, j’ai très mal vécu le confinement. C’était horrible, je passais du rire aux pleurs, j’étais démotivée et j’ai même perdu plusieurs kilograms à cause de la dépression. Je ne suis vraiment pas prête à être re-confinée, mais bon si il n’y a pas le choix, on sera tous obligés de rester chez nous pour éviter d’être contaminés.” Sofia Hmarot, 24 ans – Étudiante en Marketing

« Je n’ai pas vraiment subi le confinement vu que je travaillais donc en vrai, je ne sais pas ce que ça fait d’être enfermé chez soi sans pouvoir sortir, mais ça me dérangerait pas d’être re-confinée vu que je travaille toujours. Je pense même que ça devient inévitable vu comment les choses se déroulent. Et c’est sûrement égoïste, mais les rues  confinées , Rabat confinée quand nous on ne l’est pas; c’est juste amusant! Tout est calme, tout est en suspend, tout est mieux quand en temps normal on se sent mal dans la foule , quand on ne se sent pas en sécurité et qu’on se sent mal quand il y’ a du monde. C’est une angoisse en moins!  » Amira Bendaoud, 25 ans- Étudiante à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines et téléconseillère dans un centre d’appel.

« Je serais prêt à revivre un nouveau confinement, tout d’abord pour éviter la propagation du virus et éviter de saturer les hôpitaux donc cela serait une nécessité pour le bien de tous, puis lors du premier confinement même si ça n’a pas été toujours facile tous les jours de devoir rester enfermé chez soi en étant un peu coupé du monde réel, on trouve toujours des occupations comme la lecture ou faire des choses que l’on repousse toujours à plus tard ou de nouvelles choses à tester comme le dessin par exemple. Au final, les journées passent relativement vite, d’autant plus si on est entourés d’amis ou de familles même si la distance nous sépare pour faire passer le temps encore plus vite et le confinement moins difficile à supporter. » Avoue Mickael Tupek, 31 ans, fonctionnaire – Education Nationale.

D’après-vous Mme Benohoud, comment est-ce que le confinement peut-il influencer les étudiants ?

  “Les jeunes peuvent souffrir de cette situation, puisque c’est une situation imposée. Elle est imposée dans la mesure où on ne l’a pas choisie… On ne l’a pas choisie donc on peut sentir que c’est une privation de liberté. C’est une incapacité de pratiquer ces activités journalières, de se comporter comme on a l’habitude de le faire, de respecter ses emplois du temps, ces rendez-vous, ces aller-retours… et donc bien évidemment tout ça, ça peut peser lourd sur le jeune qui a l’habitude de bouger en toute liberté et de faire un certain nombre d’activités ou aussi de se retrouver dehors avec les amis avec les copains… donc cette situation de confinement peut être très mal vécue pour un jeune qui n’a jamais senti jusqu’à aujourd’hui cette interdiction de faire ce qui est… inhérent à sa liberté personnelle, et donc dans ce cas-là, on peut dire que ça peut effectivement être mal vécu surtout que c’est un changement radical au niveau des habitudes, c’est… on sort d’une certaine zone de confort pour entrer à l’intérieur de chez nous, nous renfermer et être obligés de rester là jusqu’à nouvel ordre… ça peut également influencer dans la mesure où c’est « l’inconnu », on ne sait pas ce qui nous attend on ne sait pas comment les choses peuvent se passer, on ne sait pas comment on pourra reprendre notre vie par la suite… on se pose énormément de questions concernant nos études on se pose énormément de questions concernant le déroulement des cours, on se pose énormément de questions sur notre comportement par rapport à cette situation vécue, c’est pour cette raison que les jeunes peuvent le vivre mal, surtout avec leur jeune âge… il y’a certaines choses qu’on n’accepte pas, on est en plein construction de la personnalité et cette personnalité veut absolument être libre dans ses actes dans ses mouvements et donc là on est face à une situation où justement cette liberté est ôtée en quelques sens.”

Quels sont vos conseils pour leurs santé mentale ?

    “Ce que je peux dire aux étudiants c’est que… continuez à faire vos activités comme vous les faites aujourd’hui. Et dites-vous que pour le moment vous êtes en train de focaliser sur vos études, vous travaillez vous avez vos projets, vous les lancez, vous commencez bien évidemment étape par étape pour arriver à avancer quel qu’il soit X quel que soit le jour où on va dé-confiner vous allez tout simplement dire que le déconfinement, c’est un retour à la normale mais ce n’est pas une normale qu’on connaissait auparavant donc il va y ‘avoir une possibilité de sortir, une possibilité de faire des aller retours, de sortir voir le monde mais en même temps il va y ‘avoir bien évidemment beaucoup de précautions avec, donc tout simplement attendez-vous à un autre changement, attendez-vous à de nouvelles habitudes qui vont s’installer, attendez-vous aussi à une nouvelle situation. Vous savez qu’à chaque fois qu’on est dans une situation déterminée, le confort s’installe et quand il y ‘a le confort, il y ‘aurait beaucoup de difficultés à pouvoir sortir de cette zone de confort pour aller vivre une nouvelle expérience, mais ce sont des frustrations qui font grandir, donc il ne faut pas avoir peur, il faut dire qu’effectivement il va y’ avoir une frustration, il va y ‘avoir un dérangement et c’est justement, ce sont les moments de frustration qui mettent la personne à l’épreuve une fois qu’on est mis à l’épreuve, c’est là où on va se redécouvrir et on va savoir de quoi on est capables. Donc préparez-vous psychologiquement à une situation qui ne ressemblera pas à ce qu’on connaissait auparavant, à une situation qui serait différente mais il va y avoir un retour à un certain nombre d’activités mais ce sont des activités qu’on va percevoir autrement qu’on va approcher autrement et dites-vous aussi que nous sommes au fait différent ! Une personne avant le confinement n’est pas une personne après le confinement. Nous allons aborder la vie avec une expérience, avec un bagage que nous avons vécu tous ensembles qui est en référence sociale commun mais chacun de nous l’a vécu à sa manière et donc avec ça on va sortir à l’extérieur on va dire à la vie parce que nous sommes en plein vie mais on va sortir à l’extérieur et là on va pouvoir vivre indifféremment.”

Que peuvent-t-ils faire pour mieux vivre le confinement ?

     “Le confinement peut aussi créer une sorte de déprime, un spleen, un coup de blues qui est tout à fait normal… c’est le manque de soleil, c’est le manque de sortie, c’est vouloir être avec les copains à l’extérieur… et bien évidemment tout ça, ça peut déranger, parce qu’on renonce à nos habitudes qui nous faisaient tellement plaisir, et on renonce bien malgré nous évidemment… à un moment donné on est fatigués… on a envie de changer, on a envie de sortir, et on n’a pas aussi envie d’entendre tout le temps des informations macabres autours de ce qui se passe dans le monde. Alors, à ce moment-là, quand on va sentir que la déprime commence à s’installer… moi je vous invite uniquement à observer les enfants qui s’ennuient. Observer les enfants, quand vous allez les observer vous allez voir que les enfants sont capables de produire quand l’ennui s’installe, l’ennui est vraiment le compagnon, l’ami, la chance que nous pouvons avoir pour pouvoir produire. L’ennui peut nous permettre de vouloir faire autre chose pour changer, de ne pas rester dans la même stagnation où nous sommes ; et donc là c’est à ce moment-là qu’on peut produire. Moi j’invite tous les étudiants par exemple qui se sentent mal à prendre un stylo et à écrire. Vous n’avez pas envie d’écrire, prenez votre téléphone et enregistrer ce que vous ressentez, mettez des noms sur vos émotions et essayez de vouloir trouver des solutions à des situations… c’est-à-dire comment je peux par exemple alimenter ma journée en activité positive à l’intérieur de la maison, dans ma chambre sans pouvoir sortir, et donc à chaque fois je peux faire des challenges, je peux faire des jeux, je peux faire énormément de choses… Moi je vous invite uniquement à observer l’enfant au fond de vous, rappelez-vous, revenez en arrière, si vous avez 5 ans, et si vous êtes seuls à la maison et si vous ne pouvez pas sortir, et vous n’avez à votre position qu’un stylo, qu’une feuille, je ne sais pas… une bouteille en plastique… des objets  anodins qui sont là, que pouvez-vous faire avec ? et c’est là où vous allez comprendre que vous pouvez faire énormément de choses, donc pour pouvoir produire ça suffit d’aller à la rencontre de cet enfant qui est au fond de vous et vous allez voir, vous allez vous surprendre parce que vous êtes capables de faire des choses extraordinaires.”

Et finalement, quels genres d’exercices ou activités faut-il faire pour surmonter le stress ou la dépression pendant le confinement ?

“Alors pour éviter de tomber dans le stress, il y ‘a beaucoup d’activités à faire. D’abord, il faut éviter de passer la journée à dormir, et de passer la nuit éveillé, parce que là ce sont des choses qui créent du stress et des moments où on dort très très mal. Donc de un il faut dormir suffisamment, et bien. D’accord ? deuxièmement il faut faire du sport, à la maison. il y’ a pas mal…rien que sur le net il y ‘a pas mal d’exercices qu’on pourrait suivre ou on pourra faire du sport à l’intérieur de la maison tranquillement. On pourra aussi installer des rituels pendant la journée, par exemple faire une activité qu’on aime, il y’ a des étudiants qui aiment dessiner, il y ‘a ceux qui aiment faire de la musique, qui aiment chanter, qui aiment écrire ou lire, c’est-à-dire on pourra quand même donner un moment important, réserver un moment de la journée à cette activité qu’on aime beaucoup parce que c’est quelque chose qui va nous donner beaucoup de positif. Quoi d’autre… ? on pourra également faire des tournois concernant un certain nombre de jeux par exemple de société, soit avec la famille soit avec les amis. On pourra également faire des challenges, on pourra également nous inscrire dans des formations en ligne au fait des choses qu’on aime, pas forcément quelque chose d’académique… certaines certifications ou bien certaines formations qu’on avait envie de faire et qu’on n’avait pas le temps, en effet c’est le moment de pouvoir le faire. Et donc bien sûr ces activités peuvent aussi se rajouter à par exemple à des moments de silence, le silence la méditation, le retour à soi, tout ça permet à être paisible. N’oubliez pas de mettre de la musique, la musique est très importante, la musique c’est une connexion aussi avec un rythme qui parle avec chacun de nous différemment. Bien évidemment libre à vous de choisir l’expression musical que vous voulez, mais chaque expression musicale parle c’est une parole ou c’est une initiation à une réflexion autour d’un certain nombre de choses ça éveille nos sens, ça éveille nos émotions et ça éveille nos ancrages. Et ça nous permet bien évidemment de rentrer dans des expériences sensorielles qui peuvent être très intéressantes pour nous et qui peuvent nous aider énormément dans ce genre de situations. Écrire, écrire des lettres, même si j’envoie cette lettre à moi-même, je peux l’écrire parce que c’est aussi une activité qui permet de déstresser. Faire de la cuisine, ça fait plaisir de faire de la cuisine. Ça fait plaisir aussi de jouer, rire ! c’est-à-dire se mettre à rire, se mettre à jouer avec les membres de sa famille, parce que aussi ce sont des activités qui nous rappellent l’enfance et bien évidement quand on dit l’enfance on dit beaucoup moins de stresse et beaucoup moins de pensées négatives qui peuvent justement empêcher la personne d’être bien dans sa peau. Et on termine en disant, le confinement est une expérience en or, si on rate cette expérience l’occasion qu’on ne pourra pas peut être vivre une autre fois, parce que c’est quelque chose de jamais vu et extraordinaire dans tous les sens et c’est une permission de se redécouvrir mais dans des conditions extrêmes que chacun de nous bien évidement vit à sa manière mais on pourra tirer le meilleur de cette situation.”

Par ailleurs, Le ministère de la santé a précisé ce vendredi que le Royaume du Maroc pourrait envisager un re-confinement dans certaines villes qui enregistreront un grand nombre de cas de contamination et de décès liés aux coronavirus. Dans le but de réduire la propagation du virus, le peuple Marocain doit respecter les règles sanitaires et les mesures d’hygiène imposées par le gouvernement.

En outre, un communiqué conjoint du ministère de la santé et du ministère de l’intérieur a annoncé le 26 du mois de juillet qu’il est interdit de se déplacer de ou vers plusieurs villes au Maroc.

Les villes concernées sont Tanger, Tetouan, Fez, Meknes, Casablanca, Berrechid, Settat et Marrakech.

Loubna El Alaoui

Hi there, let me walk you through my humble personal and professional life! My name's Loubna and I am a Moroccan web editor, investigator and journalism student. I've always been fond of writing, for it helps me get things clear in my head and reduce stress. I began writing some personal articles that I only shared with some very close friends of mine, and now, a humble number of people read my articles about life, environment, society... Before I held my BA in English Literature, so many people and teachers told me that I could be a great journalist. Well guess what....? After so many experiences, I found my passion and what I truely want to do with my life. And now I'm working on my masters degree in Journalism and Media.