Rabat interdit une manifestation contre la normalisation avec Israël

Les autorités de Rabat ont interdit une manifestation contre la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Israël, qui devait se tenir devant le parlement, lundi 14 décembre à partir de 17h.

Dans un communiqué, plusieurs organisations dont l’organisation marocaine de soutien aux causes de la nation et le comité international de soutien au peuple palestinien, ont dénoncé “le projet sioniste, qui a usurpé la terre de Palestine, exilé et déplacé la majorité de ses habitants, est un projet colonial d’occupation, basé sur le nettoyage ethnique racial, visant à déraciner le peuple palestinien et à le remplacer par des colons, recueillis de par le monde”.

En ajoutant que “les Nations Unies et la communauté internationale, incapables de garantir les droits du peuple palestinien, ont contribué à leur tragédie en empêchant toute condamnation ou remise en cause de l’entité sioniste”.

Les organisateurs ont souligné aussi dans le communiqué que “les régimes marocain, arabes et africains rendent un service gratuit à l’entité sioniste, qui enfreint en continu les lois humanitaires et internationales, au moment où ils étaient censés l’isoler, en imposant des sanctions”.

Face à la polémique autour de la normalisation avec l’État hébreu, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita assure que le Maroc ne lâchera pas la cause palestinienne, en appuyant sur le rôle historique que le royaume a joué en faveur de la paix dans le conflit israélo-palestinien.« Nous avons des principes et un attachement vis-à-vis de la question palestinienne. Et nous avons des atouts et des canaux qui servent la paix dans la région : personne d’autre ne dispose de l’expérience de cohabitation entre juifs et musulmans que nous avons. C’est la même logique qui a permis au Maroc d’abriter en 1974 le sommet de Rabat, qui a reconnu l’Organisation de libération de la Palestine [OLP] et qui a permis au Maroc d’aider les pays qui voulaient la paix dans la région, y compris l’Egypte. » a-t-il déclaré dans une interview accordée au journal le Monde

Jeudi 10 décembre, Donald Trump, le président sortant des États unis d’Amérique, a annoncé la normalisation des relations diplomatiques entre le royaume chérifien et l’État hébreu, et la reconnaissance de la direction américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Cette annonce a entraîné des réactions mitigées au niveau national et mondial.

Ainsi, le Maroc devient le sixième pays arabe à accepter de normaliser ses relations avec Israël, après l’Egypte (1979), la Jordanie (1994), et les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan (2020).

Asmaa Izouaouen

Journaliste et rédactrice web, passionnée par les médias et intéressée par le journalisme de solutions et d'impact. Je consacre mon temps libre au bénévolat et rencontres interculturelles.